Festival du court métrage : un palmarès en phase avec le public ?

Festival du court métrage : un palmarès en phase avec le public ?

10 février 2019 0 Par SuperBougnat

Le palmarès du festival du court métrage est-il en phase avec les avis exprimés par le public durant les 8 jours de projection ?

Le samedi 9 février 2019, dans une salle Cocteau pas totalement remplie (ce qui est habituel, les séances suivantes attirant plus de monde) lors de la première cérémonie de clôture du festival du court métrage, de nombreux prix ont été décernés alors que les spectateurs se sont exprimés toute la semaine.

Une tradition d’échange d’avis

C’est vraiment LA tradition du festival, pour les spectateurs : s’échanger des avis sur les séances et les films.

“Les 40 minutes de ce film ne se font pas trop sentir ?”
“Vous avez vu la séance F4, vous ?”
“Vous avez entendu parler du 3ème film de la L1 ?”
“Il paraît que les 2 derniers de la I8 valent le coup cette année”…

Voici quelques phrases que l’ont peut entendre dans les files d’attente du festival, où les catalogues s’ouvrent et livrent bien souvent des notes manuscrites plus ou moins énigmatiques, griffonnées entre deux films quand la salle se rallume brièvement.

Un outil moderne

Depuis quelques temps, l’entreprise qui édite l’application officielle du festival propose également le site notetoncourt.com.

J’ignorais d’ailleurs son existence jusqu’à cette année, ce qui fait que je vous avais moi aussi proposé un outil similaire, qui a logiquement était peu utilisé. 😉

Cette année, ce sont environ 2000 commentaires qui ont été recueillis via le site et l’application du festival.

Jurys vs public

Palmarès du festival du court métrage 2019

Les liens sur les titres de films renvoient à leur fiche sur le site du festival.

Compétition labo

Seul le film The passage, récompensé des prix du public et Canal+ figure dans le top 6 des films évalués sur NoteTonCourt.
Et encore, il est 6ème de ce classement avec une moyenne de 3,9/5.

On peut dire que dans cette compétition assez particulière et souvent considérée comme plus difficile d’accès, le public clermontois et les 3 membres du jury n’ont pas été sur la même longueur d’onde.

Compétition internationale

Là aussi, le décalage est flagrant entre le jury et le public.

Si le Grand Prix (Cadoul de craciun) est 9ème dans le top 10 de Note Ton Court et que le prix du public (Skin) y est lui second, aucun autre film primé ne fait parti de ce classement !

Le film Detainment, objet d’une polémique juste avant le festival, n’a reçu aucun prix, mais son succès auprès du public a été fort (1er sur NoteTonCourt et 2ème au vote du public, d’après mes informations).
Très largement jugé comme difficile et éprouvant dans les allées de la Maison de la Culture de Clermont, il était aussi loué pour son traitement réussi et sans sensationnalisme autour d’un drame affreux, et pour le jeu des deux enfants jouant les rôles principaux.

Compétition nationale

Là, public et jurys étaient plus en phase.

Si le grand prix (Ce magnifique gâteau !) ne fait pas partie du top 10 des votants sur NoteTonCourt, son nom revenait pourtant régulièrement dans les files d’attente, pour en dire du bien.

Roberto le canari, premier sur Internet, n’a raflé aucun prix, mais plusieurs autres films du classement des spectateurs s’en sortent très bien, dans l’ensemble :

Pauline asservie (2ème) obtient le prix Télérama et une mention spéciale du jury.
Pile poil (3ème), repart avec le prix du rire – Fernand Raynaud.
Nefta Football Club (5ème) gagne le prix du public.
La traction des pôles (8ème) emporte la mention spéciale du jury SACD pour une première œuvre de fiction (et a été récemment diffusé sur France 2).
Mort aux codes (10ème) emporte une des 5 mentions spéciales du jury.

En conclusion

Précisons tout de même que l’application recueille un nombre d’avis variable selon les films, que le vote du public n’est ouvert qu’aux seuls abonnés (un bulletin par carnet de 15 ou 30 places) et que les jurys sont des professionnels qui n’ont pas forcément un point de vue proche de celui du public très hétérogène du festival du court métrage.

Mais il est tout de même intéressant de constater que plus on s’éloigne de notre cadre de référence (un cinéma français plutôt “classique”), plus les différences d’avis sont fortes.

Reste que le plus important à Clermont, c’est de prendre du plaisir, de rencontrer d’autres festivaliers ou des réalisateurs et surtout de s’ouvrir à des centaines d’histoires et de façons de les raconter, de partout dans le monde !

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