Bénédicte Peyrol : une députée qui aime la censure ?

Bénédicte Peyrol : une députée qui aime la censure ?

12 avril 2019 0 Par SuperBougnat

Je partage avec vous un coup de gueule !
Figure phare de la majorité parlementaire et décrite comme une conseillère du Président de la République, Bénédicte Peyrol est une députée qui commence à être bien identifiée.
Pourtant, celle-ci est loin d’être la plus active, et, surtout, elle ne supporte pas que l’on pointe ses éventuelles bourdes : elle a la censure facile en pareil cas !

Les liens sur les noms des élus renvoient à leur compte Twitter.

Une député plus médiatique que travailleuse ?

Bénédicte Peyrol
Bénédicte Peyrol

Si Bénédicte Peyrol est régulièrement invitée par les médias (télévisés en tête), son travail de député n’est pas le plus vertueux qui soit, sans être non plus honteusement faible.

Dans un article que j’avais rédigé en décembre dernier, elle se classait 7ème sur 12 parmi les députés auvergnats.
Sur 12 mois, elle avait été plutôt présente à l’assemblée (3ème) et modestement active dans l’hémicycle (5ème) ou en commission (6ème).
Par contre son engagement était médiocre s’agissant de proposer des lois ou amendements (9ème) ou son travail de questions au gouvernement (11ème).

Selon les critères, elle se classait entre la 122ème et la 498ème places sur 577 députés.
On peut y voir un travail moins important que la place médiatique qui lui est accordé, et cela bien qu’elle occupe un rôle important au sein de la majorité (Bénédicte Peyrol est coordinatrice des députés LREM au sein de la commission des finances).

Ces derniers temps, je l’ai souvent vue s’exprimer sur les questions de fiscalité liées à l’environnement, qui semble être son domaine de prédilection, avec les sujets sur l’évasion fiscale.

Comme beaucoup des nouveaux députés élus en 2017, Bénédicte Peyrol n’avait pas d’engagement politique significatif avant son élection et n’avait pas d’ancrage local particulier, même si elle n’a rien d’une parachutée dans sa circonscription bourbonnaise (la 3ème de l’Allier, autour de Vichy, Gannat, Lapalisse, …).

Je n’ai aucun élément quant à son investissement dans sa circonscription depuis son élection et je ne porterai donc aucun jugement sur ce point.

Ce que je lui reproche

Le 1er avril dernier, Bénédicte Peyrol a réagit sur Twitter à un message d’Emmanuel Macron.
Celui-ci évoquait le sacrifice des résistants du plateau des Glières en mettant en avant leur résistance face à “l’occupant nazi, et à ses complices de Vichy”.

Bénédicte Peyrol, députée de Vichy, a donc répondu au président de la République en soulignant que Vichy souffre depuis 70 ans de cette image qui l’associe à un régime politique, l’État Français, qui a collaboré avec le nazisme.
Elle invitait donc Emmanuel Macron à parler plutôt de la “Milice de l’État Français” afin de “nomm[er] avec justesse l’infamie de notre histoire”.

Bénédicte Peryol - Critique Emmanuel Macron

À l’heure où Vichy postule à un classement au patrimoine mondial de l’humanité, je pense que Mme Peyrol avait parfaitement raison de faire cette intervention auprès du président de la République.
Il en va de l’honneur de nos élus de bien nommer les choses et de ne pas stigmatiser par erreur ou habitude un territoire.

Voyant ce tweet de Mme Peyrol, j’ai souhaité la féliciter… Mais cela était impossible : le message avait été retiré moins de 4 minutes après son envoi !
J’ai alors eu le temps de faire une capture d’écran et je l’ai publiée en interrogeant Bénédicte Peyrol sur la raison de ce retrait (j’ai attendu plus d’une heure, au cas où elle est juste souhaité reformuler ou corriger un point).
Tout en approuvant le fond du message et en saluant sa forme je me suis interrogé sur la cause du retrait : boulette ? rappel à l’ordre ?

Bénédicte Peryol - Censure Twitter

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir peu de temps après qu’au lieu de me répondre, Mme Peyrol m’a tout simplement bloqué, pour m’interdire l’accès à ses publications et toute interaction avec elle.

Bénédicte Peryol - Blocage Twitter

Et c’est là que je suis très en colère !

En effet, quelque soit son bord et que je sois ou non en accord avec elle ou lui, j’attends d’un élu de la République qu’il assume ses positions et qu’il ne fuit pas le débat avec les citoyens.

Cette façon de faire de Mme Peyrol représente pour moi le mépris qui est reproché à tant de nos élus et qui les décrédibilisent largement aux yeux de la population.

Pourquoi c’est inquiétant ?

Bloquer un interlocuteur insultant, je le comprends, et il est normal que les élus n’aient pas plus à subir les injures ou agressions que n’importe quel autre citoyen.
Mais refuser tout échange en bloquant les personnes qui l’interpellent sur son action (ce message avait du sens politique !) s’apparente à mes yeux à de la censure et surtout à un refus de tout échange démocratique.

Madame Peyrol se sent-elle au-dessus de ces concitoyens ?
Estime-t-elle être une personne trop importante pour devoir rendre des comptes à celles et ceux qui l’ont désignée comme représentante du peuple ?
Oublie-t-elle que son élection a fait d’elle une servante de l’État et de ces concitoyens, et non une dirigeante au pouvoir incontestable ?

Et les autres ?

J’essaye de suivre tous les élus auvergnats que je trouve, sur Twitter (pas Facebook, qui est un outil dont j’essaye de me passer).
Il m’arrive de réagir aux messages de certains (c’est une peu le but d’un réseau social) et parfois d’avoir des échanges avec eux.

Si les échanges sont parfois faits de désaccords avec un élu (Olivier Bianchi par exemple) ou avec ses proches (Jean-Pierre Brenas, récemment) et s’il peut arriver que certains se braquent et refusent le dialogue (Emmanuel Ferrand, qui défend le glyphosate et refuse de justifier les chiffres qu’il annonce), la plupart se montrent parfaitement indifférents aux réponses à leurs publications (Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Brenas ou André Chassaigne ne m’ont jamais apporté la moindre réponse ou réaction).

Quelques-uns de nos élus sont par contre prompts à répondre, au moins quand ils estiment cela pertinent (Michel Sauvade, maire de Marsac en Livradois, Olivier Bianchi ou Christine Pirès Beaune, députée du Puy-de-Dôme).

La plupart sont en fait très peu diserts sur Twitter et ne smeble avoir un compte que pour “occuper la place”.

Le cas d’Emmanuel Ferrand

Mr Ferrand est agriculteur, maire de Saint-Pourçain sur Sioule (Allier) et conseiller régional.
Il défend des positions favorables au glyphosate et au prélèvement d’une plus grande quantité d’eau pour l’irrigation agricole.

Alors qu’il annonçait des chiffres portant sur un prélèvement de 0,05 % de la quantité d’eau de pluie, je l’ai interrogé sur la source de ce chiffre et j’ai eu un débat avec lui sur ses arguments concernant l’inutilité supposée de l’eau qui se “contente de ruisseler jusqu’à la mer.

Je suis resté courtois mais j’ai poussé mes questions lorsque j’estimais qu’il n’avançait aucun argument pour étayer ses propos.
Lui par contre à rapidement adopté un ton bien moins courtois et m’a annoncé ne pas avoir de temps à perdre à répondre aux questions d’un troll.

Résultat : bloqué là aussi !

Un autre exemple d’un de nos représentants qui refuse toute question (et même pas contradiction, en plus !) sur son positionnement et son action politique.

Smiley grondant
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